Chiffrez vos expériences en entretien et 50% du travail sera fait.

Set de vêtements de travail en entreprise

Comment décrire deux ans de vie professionnelle ? Comment être exhaustif(ve) ? Comment ne pas l’être ? Pour votre prochain entretien, pensez moins à comment vous allez vous habiller le jour J, et préparez plutôt une présentation chiffrée de vos expériences.

L’exercice de savoir bien se présenter lors d’un entretien est encore le plus important. On vous donne ici une méthodologie claire pour analyser vos expériences, et on vous explique pourquoi c’est indispensable.

Présentez-vous de manière chiffrée, votre interlocuteur aura un effet “wahou”

Ce qui se pense bien s’énonce clairement. Si vous êtes capable d’être précis(e) lorsque vous racontez vos expériences professionnelles, cela va traduire trois choses en entretien:

  • vous maîtrisez votre sujet d’expertise (le fond)
  • vous êtes concis (la forme)
  • vous êtes analytique sur vous-même, vous le serez donc dans votre futur job (les deux)

Prenons un exemple très concret, celui de Charlotte, Business Developer depuis 2 ans chez XXX qui veut changer de job. Elle se présente de deux manières :

Scénario 1 :

Cela fait 2 ans que je suis Biz Dev chez XXX. Mon métier est de vendre le produit à des clients en BtoB, de la prospection jusqu’au closing du contrat. Je fais ce métier car j’adore le contact humain, échanger, comprendre. J’ai aussi la niac, c’est dans ma personnalité, et ça joue beaucoup.”

Ma conclusion : “Intéressant, mais qu’est-ce qui me le prouve ?

Scénario 2 :

Depuis 2 ans, je suis Biz Dev chez XXX. Lorsque je suis arrivée, nous étions 10, dont 2 en Sales. Nous sommes désormais 40 et avons levé 5 millions d’euros. J’ai vraiment vécu l’évolution de la startup et c’était passionnant.

Concrètement, notre solution se vend à des PME, entre 20 et 500 salariés. C’est un logiciel en SaaS qui coûte en moyenne 1500€ par mois. Mon cycle de vente durait en moyenne 2 mois, et les interlocuteurs pouvaient être les directeurs d’entreprise ou les DRH. En général, je devais passer 10 appels pour avoir 1 RDV physique, et ensuite j’avais un taux de conversion de 60%. En tout, j’ai généré environ 300 000€ de chiffre d’affaires.

Là où j’excelle, c’est dans ma capacité à comprendre le besoin, le traduire, et y répondre avec un très bon sens relationnel. J’adore. Là où je commence à perdre patience, c’est dans la prospection “dans le dur”, je sens que ma valeur ajoutée n’est plus là. C’est pour cela que je vise des jobs d’Account Executive ou d’Account Manager, pour améliorer mes compétences sur le closing et la fidélisation.”

Ma conclusion: “Intéressant, elle est structurée, c’est limpide, chaque fait est éclairé par un indicateur précis. Je veux aller plus loin et la rencontrer.”

Pourtant, Charlotte a dans les deux cas eu un coup de téléphone. Même si elle n’a pas fourni la “preuve écrite” de ce qu’elle raconte, le scénario 2 est directement beaucoup plus rassurant.

Votre recruteur aura envie de passer plus de temps sur sa personnalité, ce qu’elle aime, comment elle travaille, lors du futur entretien.

Expliquer vos difficultés avec des chiffres vous aidera à mieux les présenter

Montrer que l’on est capable d’être très factuel prouve que l’on est rigoureux, certes. Que l’on fait peut-être bien son job. Mais ça ne s’arrête pas là. Cela vous permettra d’être beaucoup plus à l’aise avec l’idée de “post-mortem” lorsque vous parlez d’une difficulté ou d’un échec.

Reprenons notre exemple de Charlotte.

Scénario 1 :Là où j’ai eu du mal, c’était dans la prospection. Je devais envoyer 100 emails pour recevoir 2 retours, et je n’en pouvais plus.

Scénario 2 : “On envoyait 100 mails pour 1 retour. Un taux de conversion de 1%, ce n’était pas glorieux. On a cherché comment l’améliorer, et on s’est rendu compte que notre email était trop long. On a donc fait de l’AB test, et celui qui était plus court avait de meilleurs résultats. Nous sommes passés à un taux de conversion à 2%. Ce n’était pas hyper satisfaisant, mais au moins nous avons amélioré ce canal de prospection. En parallèle, je me suis rendue compte que j’étais forte au téléphone, et donc je suis passée à 80% sur ce canal d’acquisition en premier contact.

Charlotte a vécu la même chose, mais vous n’avez pas le même effet.

Vous serez plus à l’aise tout court

Les faits ne laissent pas la place à l’interprétation. Vous serez donc beaucoup plus à l’aise avec le fait d’exposer vos expériences de manière factuelle : votre interlocuteur ne pourra pas “douter” de ce que vous avez fait.

En plus, une fois que vous aurez préparé cette partie de l’entretien, vous “connaîtrez” mieux votre discours. Sans rentrer dans un délire récitatif, vous aurez confiance pour sortir les indicateurs clefs de vos expériences et vous souvenir de l’essentiel. Et oui, même quand il s’agit de soi-même, on manque de recul et on peut avoir des gros blancs. Ceci évite cela 🙂

Pour aller plus loin

En expliquant de manière analytique vos expériences, vous serez beaucoup plus audible aux yeux de votre interlocuteur. Avec un discours très factuel, vous vous adaptez à quelqu’un qui ne connaît aucune de vos expériences. C’est une bonne preuve d’adaptabilité, et un soft skill recherché.

La cerise sur le gâteau : être capable de mesurer ce que l’on a fait permet de ponctuer avec un point final une expérience pour mieux en recommencer une nouvelle. Essayez, vous verrez.

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