Les inégalités de genre en startups : des préjugés persistent

Préjugés de genre en startups

“Développeur c’est un métier de garçon et Customer Success Manager plutôt un métier de fille non ?” Non, il n’y a pas de qualités genrées, et a fortiori pas de job genré, et les startups qui recrutent devraient être exemplaires sur cette question : ce qui n’est pas encore le cas.

En 2014, Amazon a conçu un outil de recrutement grâce à l’Intelligence artificielle. Le but était d’automatiser le recrutement en permettant le meilleur matching possible entre un job et des milliers de CV. Rapidement, les ingénieurs d’Amazon se sont rendus compte que l’outil écartait plus facilement les candidatures des femmes. Ceci s’explique par le fait que l’outil de recrutement se basait sur les données du passé, or beaucoup plus d’hommes que de femmes furent embauchés dans l’histoire d’Amazon. Ainsi, les erreurs du passé n’ont pas été évitées mais plutôt recopiées par l’algorithme d’Intelligence Artificielle.

Ceci est transposable dans les comportements humains, et cela peut nous amener à nous demander si l’on ne reproduit pas, comme l’outil d’IA d’Amazon, des comportements de recrutement du passé pour construire l’avenir ? Les Talents eux-mêmes ne s’imposent-ils pas, de manière inconsciente, des normes à propos de qui ils sont et des jobs qu’ils doivent exercer ?

Chez elinoï, notre métier est de connecter des talents et des startups qui recrutent en CDI, sur tous les métiers orientés Business Development, Marketing, Opérations et Produit. Ainsi, nous discutons en continu avec des personnes à la recherche d’un job entrepreneurial, avec des équipes jeunes et dynamiques, et un produit innovant. Et malheureusement, nous sommes souvent confrontés à des préjugés que peuvent avoir certaines personnes sur les “métiers féminins” et les “métiers masculins”, que nous essayons quotidiennement de déconstruire.

Quels préjugés persistent sur les métiers en startup ?

En startup, certains métiers requièrent ce que l’on appelle des hard skills : le développement web, l’analyse de données, la data science, l’optimisation de process etc. Effectivement, il y a aujourd’hui statistiquement plus d’hommes que de femmes qui incarnent ces jobs.

D’autres métiers requièrent plus de soft skills : relationnel, écoute, curiosité, empathie, comme par exemple les métiers de Sales, Customer Success Manager ou Recruteur.

Par conséquent, lorsque l’on exerce notre métier de Talent Coach chez elinoï, nous sommes confrontés aux barrières que peuvent se mettre les talents eux-mêmes. En effet, cela fait partie de notre quotidien que d’écouter et d’orienter les Talents en fonction de ce qu’ils recherchent : les startups, les missions, les valeurs ou les équipes dans lesquelles ils se projettent. Or certaines personnes se “brident” elles-mêmes au moment d’envisager certaines offres : “non, je n’aurai pas les épaules pour optimiser des process et analyser des données” ou à l’inverse “je ne pense pas être excellent dans la relation client”.

Les clichés de l’excellent Chief Technical Officer “homme-machine”, incapable de ressentir la moindre émotion, et de la Customer Success Manager un peu sentimentale, ayant à coeur de bien faire avec ses clients, persistent. Au secours ! C’est non seulement faux, mais en plus beaucoup trop simpliste.

Non, les qualités humaines ne sont pas réservées aux femmes, ni les métiers “analytiques” réservés aux hommes

Plusieurs contradictions résident dans ces clichés. Ils impliquent que les qualités humaines soient réservées aux femmes. Quelle tristesse pour les hommes !

Considérer que les femmes seraient plus à même d’écouter, de comprendre, d’orienter ou d’aider, est un mythe. Elles ont sans doute moins peur de le démontrer, mais aucune étude sérieuse ne montre qu’elles en aient plus les capacités.

De même, il est faux de considérer que les hommes seraient meilleurs pour calculer sur Excel comment optimiser un process ou gagner du temps. D’ailleurs, de nombreux talents travaillant en Opérations au sein de startups sortent d’écoles de commerce dans lesquelles la parité est bien souvent respectée. Oui, les hommes peuvent être attentifs et à l’écoute ; et oui, une femme peut être “une machine à chiffres” !

En startup, il faut avoir la double casquette pour être bon

Dans les faits, qualités humaines et analytiques ne sont absolument pas antithétiques : au contraire, pour être réellement performant dans son métier, quel qu’il soit, on a besoin des deux.

Par exemple, une excellente Sales dont on pourrait penser que seul le “bagou” fait partie de ses qualités doit également être rigoureuse et analytique pour exceller dans son travail. Avoir une vision chiffrée de son métier pour l’améliorer, jongler avec des dizaines d’interlocuteurs différents et vendre un produit complexe auprès de grands comptes par exemple, nécessite d’avoir un excellent esprit d’analyse.

D’autre part, travailler en équipe, être à l’écoute de la priorisation des tâches, comprendre au mieux les utilisateurs finaux sont autant de tâches qui requièrent d’un développeur de grandes qualités humaines. L’homme-machine n’a pas sa place dans une startup, chacun doit apporter sa pierre à l’édifice, y compris humainement.

Chez elinoï, les Talent Coach Business Developer incarnent cela au quotidien. Ils doivent être à l’écoute, curieux et empathiques auprès des talents qui cherchent un job qui leur corresponde vraiment. À côté de cela, ils ont des dizaines d’interlocuteurs différents, doivent comprendre les KPIs business des startups pour lesquelles ils recrutent, structurent des stratégies de recrutement complexes et doivent pour cela être rigoureux, analytiques et très structurés. Et non, des femmes ne sont pas les seules privilégiées à exercer ce métier, Nicolas et David le prouvent très bien au quotidien.

A bas les clichés genrés, surtout en startup !

Somme toute, des préjugés persistent concernant les métiers “féminins ou masculins”, y compris en startup. Or cet écosystème bouillonnant d’innovation et de nouvelles pratiques managériales et méthodologiques devrait également être irréprochable sur ces questions de genre. Les talents se freinent-ils trop en fonction de leur genre ? Les recruteurs en startup auraient-ils tendance à discriminer consciemment ou inconsciemment, dans un sens comme dans l’autre ? Aucune solution miracle à ce problème, mais un débat dont on doit tous se saisir. En prendre conscience est la première étape vers un avenir débarrassé de ces préjugés, véritables barrières à l’épanouissement de soi.

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