La routine, un tremplin de carrière bien trop dénigré.

rédigé par Mathilde Anceau - 19 août 2020
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Dans notre vie privée, nous avons tous une zone de confort dans laquelle nous adorons évoluer : une bande d’amis proches, des restaurants favoris, des activités préférées. Qui n’aime pas retrouver ses meilleurs amis dans son restaurant préféré pour parler de ses dernières vacances ? Qui pense sincèrement que ce serait plus agréable de changer d’interlocuteurs et d’activités chaque semaine systématiquement et ce, pendant plusieurs années ? Personne. 

Et ce n’est pas parce qu’on apprécie un peu de routine que l’on est réfractaire au changement. 

Et bien quand on travaille c’est pareil. On peut se concentrer sur un job au scope réduit et bien défini en amont, ça ne veut pas dire pour autant : 

#1 – Qu’on va s’ennuyer et peu apprendre.

#2 – Que l’on ne peut pas se saisir ponctuellement d’autres sujets qui nous attirent.

#3 – Ou encore que notre périmètre est voué à rester le même tout le long de notre carrière.

La routine est une zone de confort nécessaire pour bien monter en compétence 

La peur de la routine pousse de nombreux talents à chercher les jobs les plus larges et changeants possible par peur de s’ennuyer. On vous parle en connaissance de cause puisque beaucoup de nos talents qui intègrent l’incubateur sont au départ à la recherche de jobs tels que chef de projet ou bras droits. Des intitulés entre nous très “fourre-tout” et sur lesquels ils n’ont pas vraiment tenté de poser des mots précis. 

Le hic : si le poste de chef de projet existe bel et bien dans certains secteurs et entreprises telles que les agences, on le trouve très rarement en start-up. En effet c’est un intitulé qui ne veut pas dire grand chose puisque qu’un sales fait de la gestion de projet tout comme le Product Manager ou l’Operations Manager.

Notre point : se diriger vers un métier sans avoir réfléchi à ce que l’on veut faire concrètement en termes de missions. Accepter un job dont le scope n’est pas bien défini c’est prendre le risque de : 

#1 – Se retrouver à faire toutes les tâches ingrates que personne ne veut faire

#2 – Ne développer que superficiellement des compétences, celles qui sont facilement maîtrisables et donc peu valorisées sur le marché de l’emploi. 

#3 – Travailler sur des sujets qui manquent de complexité et de profondeur et donc être peu challengé intellectuellement. 

Notre conclusion : une fiche de poste trop large qui vante des missions très différentes et peu anticipables avec des interlocuteurs nouveaux chaque semaine peut donc sembler très attractive sur le papier. Notamment lorsque l’on est junior et que l’on redoute de se spécialiser. Dans la réalité, il faut bien savoir lire entre les lignes et comprendre les missions qui se cachent derrière ces fiches de poste.

À noter : comme toujours il n’y a pas de vérité générale et pas de bons ou mauvais jobs. Il faut simplement faire des choix éclairés, c’est à dire comprendre les avantages et les concessions associés à chaque décision professionnelle. Il existe de supers postes de bras droit et chef de projet en start-up, notamment dans les early stage où tout le monde touche à tout.

Les side projects sont un terrain de jeu suffisant à une sortie de zone de confort régulière, maîtrisée et challengeante

Nos start-ups partenaires le savent, les profils qu’elles recrutent sont des intrapreneurs dans l’âme : ils sont proactifs, curieux et force de propositions. Pas question pour eux de n’être que dans l’exécution ou de ne pouvoir se saisir rapidement de sujets pour lesquels ils ont une appétence et qui selon eux peuvent servir de tremplin au business. 

La plupart d’entre elles laissent donc l’opportunité à chaque salarié de se saisir des “side projects” (projets annexes) qui l’intéressent. Il s’agit tout simplement de projets qui ne rentrent pas complètement dans le périmètre d’un pôle opérationnel. Ils sont donc souvent identifiés et traités par des membres de l’équipe qui le développent en parallèle de leurs missions quotidiennes. 

De cette manière, chacun a la possibilité – en dehors de ses missions opérationnelles – de pouvoir monter en compétences sur de nouveaux sujets. 

La théorie du sablier : votre périmère de travail s’élargit naturellement lorsque vous gagnez en séniorité

Pas de panique : accepter un job ne veut pas dire oui pour la vie à une entreprise et encore moins à une fiche de poste. Une fois installé dans votre poste vous pourrez bien sûr évoluer selon vos performances. Plus vous vous seniorisez, plus vous devenez expert sur un sujet. C’est cette expertise acquise grâce à la routine (entre autres) qui est valorisée par la suite et vous permet de monter sur des jobs moins opérationnels et plus stratégiques. 

Pour vous la faire simple, votre évolution professionnelle est un peu comme un sablier

  • En tant que junior, vous allez débuter sur des périmètres de poste assez larges tels que les fameux postes “bras droit” ou “chef de projet”. Ils vous permettent d’affiner vos envies et vos attentes. C’est notamment pour ça que les offres de stage sont souvent assez généralistes et 360°. 
  • Lorsque vous entrez sur le marché du travail, vous avez beaucoup à apprendre et peu à apporter en termes d’expérience. Et c’est normal, on est tous passé par là. Mieux vaut donc choisir votre cheval de bataille en choisissant un métier sur lequel vous allez vous faire mentorer quelques années. Au moins le temps de monter en compétences et en expertise sur le sujet. Vous en êtes au goulot du sablier. 
  • Une fois cette étape franchie, votre périmètre de missions commence de nouveau à s’élargir : management, gestion de pôle, stratégie 360°, etc. Pourquoi ? Tout simplement car vous avez acquis les compétences, la légitimité et l’expérience suffisantes pour prendre ce périmètre élargi à bras le corps et traiter des sujets plus complexes. 

Donc finalement, plus vous vous spécialisez rapidement plus vous évoluerez rapidement sur des postes seniors 360°. CQFD. 

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