Stop au “One size fits all”

rédigé par Cloé Bourel - 17 septembre 2020
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2020 marque un tournant radical dans l’organisation du monde du travail. La preuve : 90% des entreprises qui n’étaient pas favorables au télétravail le sont aujourd’hui et continuent de le pratiquer.  Autre exemple, des entreprises de renom comme Leetchi et Mangopay ont décidé de supprimer la case “formation” dans leur annonce.

Alors pourquoi beaucoup de talents n’arrivent pas à trouver un job alors que 50% des entreprises considèrent qu’il est impossible de trouver quelqu’un pour leur offre ?

Tout simplement car le recrutement de talents atypiques n’est malheureusement pas encore la norme ! Et ça, ça doit changer.

“Atypique”, ça veut dire quoi ?

Un talent atypique c’est un talent qui ne coche pas toutes les cases au départ. C’est un talent dont le profil va à l’encontre de la pensée adéquationniste (vous savez cette pensée qui affirme qu’une personne est efficace dans un job donné si et seulement si elle a un diplôme qui le prouve ou qu’elle a déjà exercé le même job). 

Un talent atypique c’est surtout quelqu’un qui a la capacité et le potentiel de penser et faire autrement notamment grâce à ses expériences et son parcours différent. 

Mais donc, n’y a t il pas plusieurs “Atypiques” ?

Évidemment chaque individu est différent, mais on peut toutefois identifier 4 grandes catégories de talents atypiques :

1/ Les entrepreneurs dans l’âme 

Tout le monde connaît au moins une personne qui a monté ou a toujours voulu monter son entreprise. Celle qui, dès l’âge de 10 ans, avait déjà imaginé une voiture volante à une roue, une brosse à cheveux qui ne fait pas mal et une eau magique pour que les plantes en appartement parisien ne meurent jamais ( ceci est une perche, si quelqu’un a inventé ça, qu’il se manifeste). 

Ces profils font souvent preuve d’une créativité sans limite ! Pourtant, on se concentre souvent sur le fait qu’ils n’aient pas réussi à aller au bout de leur projet entrepreneurial plutôt que sur leur potentiel.

La remarque classique dans ces cas là : “quoi tu es seulement allé jusqu’au POC (le “Proof of Concept” ce concepte qui vérifie que la théorie peut fonctionner) ? Ah dommage…”

On peut d’ailleurs considérer mon cas. Pour vous la faire courte, j’ai toujours été passionné par l’idée d’entreprendre. Petite, j’organisais des bals de fin d’années pour toute l’école pour faire comme dans les films. Puis plus grande j’ai monté une application de click and collect avec 2 associés. J’ai aussi créé ‘Simple” une marque de kimonos personnalisés. Ces projets ne m’ont pas forcément fait gagner des millions, mais ils m’ont par exemple appris à oser me lancer et mettre les mains dans le cambouis comme personne.

2/ Les moins chanceux 

Certains n’ont pas eu la chance d’être né sous une bonne étoile. Ils n’ont pas eu la possibilité qu’on leur finance de belles études. 

Gravir les échelons et passer de serveur à business developer chez Deliveroo n’est pas une honte. Au contraire ! Il ne faut surtout pas le cacher sur son CV, mais savoir le raconter et surtout être à l’aise avec ça ! 

On ne vous apprend rien, ces profils ont la niaque et la rage plus que quiconque ! Nous, on le voit tous les jours grâce à nos talents.

3/ Les reconvertis 

Laurent Solly PDG chez Facebook France le disait déjà en 2014 : “les jeunes salariés devraient changer 13 fois de métiers dans une vie”. Il est vrai qu’aujourd’hui, la reconversion devient une réalité de plus en plus flagrante. Alors pourquoi les entreprises en ont-elles encore peur ?

Les personnes qui opèrent une reconversion professionnelle sont des “multi-potentiels”, elles se passionnent pour différents sujets, ont une énergie débordante, sont intéressées et donc intéressantes.

Qui aurait pensé que Colette, Project Manager chez Universal Music serait devenue aujourd’hui une des meilleures CSM chez Payfit ? 

4/ Les éduqués différemment 

De nos jours, les méthodes d’éducation sont toujours plus diverses. 

Gaya, une enfant de 2 ans apprend aujourd’hui à compter en ramassant les oeufs des poules dans une ferme éducative. Avant ça, elle a passé 6 mois dans la jungle au Costa Rica à dormir dans une cabane où les singes la réveillait la nuit et où elle vivait en harmonie avec les vagues. Ensuite, elle ira probablement dans une école Montessori, où la bienveillance, le choix, et les émotions priment sur la performance et la réussite. Ou un enfant de 4 ans peut aider un autre enfant de 6 ans dans ses exercices mathématiques quand celui-ci aidera son camarade de 8 ans dans l’invention d’un nouveau poème.

Le développement de Gaya n’est pas une “norme”, ses choix de carrières ne le seront peut-être pas également, mais elle aura d’autres formes d’apprentissages à apporter aux entreprises qu’elle rejoindra.

Les atouts des profils atypiques

Vous l’imaginez, ces 4 grandes familles de profils, loin d’être un fardeau pour les entreprises, sont de vrais atouts. Pourquoi ? Pour toutes ces raisons :

  • La transversalité des compétences : souvent, un talent atypique n’a pas fait qu’une seule mission tout au long de sa vie, il sait faire plusieurs choses différentes. C’est un profil multi-casquette. La diversité de ses connaissances vient également s’ajouter à cette transversalité.
  • Le renouement avec la créativité : plus nous grandissons, moins nous imaginons*, recruter des talents atypiques c’est avoir au sein de son équipe, plusieurs personnes qui pensent différemment. C’est aller plus en profondeur dans les brainstormings, dans les process, dans le challenge et dans la vision d’une manière plus globale. C’est pousser chaque membre du groupe à aller plus loin.
  • L’adaptabilité : le fait de changer plusieurs fois de job ou d’avoir grandi avec des cultures différentes leur permet d’être de véritables caméléons.
  • L’audace : Le challenge, la curiosité, le goût du risque et le besoin de se (ou d’être) challengé sont évident chez les talents atypiques. C’est aussi là, que l’on peut sentir leur capacité d’investissement.

Alors, talents et recruteurs, apprenez à provoquer votre chance !

Recruteurs et talents, lancez-vous !

Recruteurs, tout votre enjeu est d’accepter d’avoir d’autres types de talents au sein de vos équipes et de les laisser cultiver leur différence. C’est une opportunité pour votre entreprise de voir les choses différemments et d’étendre votre toile, c’est donc aussi un levier de performance.

Petit warning sur le management, chaque personne doit être managé différemment et si vous avez l’habitude de recruter un même type de profil, ce sera peut être pour vous un challenge de manager un profil plus atypique. Soyez-en conscient.

Talents, n’ayez pas peur de raconter qui vous êtes, d’en être fier et de savoir tirer le meilleur de vos expériences personnels et professionnels passés pour mieux appréhender les futurs. N’oubliez-pas, ne négligez pas le pouvoir de vos soft skills.

UNIQUE.  C’est ce que nous sommes tous, et c’est ce pourquoi nous devons être choisis. Dans notre vie personnelle cela semble évident. Dans notre vie professionnelle, ça l’est moins et c’est pourtant crucial.

Chez elinoï nous sommes convaincus qu’il n’y a pas qu’une seule typologie de talents qui peut être recrutée simplement. 

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