Valoriser et recruter des profils atypiques, nouvelle tendance RH 2020

rédigé par Cloé Bourel - 8 septembre 2020
Retour

L’année 2020 marque une année de changement dans le monde du travail avec des bouleversements organisationnels dus aux grèves et à la pandémie mondiale. L’une des conséquences au coeur de l’actualité : alors même qu’⅓ des entreprises n’y étaient pas favorables, plus de 90% d’entres elles ont pratiqué le télétravail* et ont même décidé de le prolonger jusqu’à nouvel ordre. 

La pensée adéquationniste : le piège dans lequel les recruteurs tombent

Malheureusement, ces mêmes bouleversements poussent beaucoup d’entreprises à exercer la pensée adéquationniste pour se rassurer. Ce réflexe d’engager une personne dont la formation a un lien direct avec l’emploi voire même qui a déjà fait le job pour lequel on recrute.

La preuve en est qu’aujourd’hui en France 9 recruteurs sur 10 ne regardent pas le profil d’un candidat en cybersécurité s’il n’a qu’une “simple” formation privée dans le domaine**.

Pourtant, plus de 50% des entreprises – toute taille et secteurs confondus – assument avoir beaucoup de mal à recruter et ne pas trouver les bons talents pour les bons postes***. 

Certains ont décidé de changer les règles du jeu

Face à ça, peu mais certaines entreprises ont aujourd’hui décidé de prendre les choses en main et de changer radicalement leur manière de recruter. Et ça marche !

Grégoire Gambatto, CEO et co-fondateur de Germinal lutte contre la discrimination et recrute à “l’envie d’apprendre”. La startup estime que tout le monde a le droit à sa chance et ça leur réussit bien, ils bouclent leur première année d’exercice avec 1 million de CA et ne cessent de croître. 

Autre exemple très parlant : Christelle Kalipé, la Head of Human Ressources de Leetchi et Mangopay travaille au quotidien pour lutter contre le pouvoir absolu du diplôme. Ils ont notamment récemment retiré le critère “diplôme” dans leurs offres d’emploi.

Des comportements symptomatiques d’un malaise plus profond 

Ces deux manières de recruter, aux antipodes, soulèvent des questions symptomatiques de notre société actuelle :

Doit-on choisir une seule voix professionnelle et s’y tenir toute sa carrière ? 

Est-ce que le diplôme est le meilleur critère de sélection lors d’un screening de candidats ? Faut-il faire parti du top 5 des écoles dans son domaine pour trouver facilement un job ? 

Pourquoi a-t-on l’impression de dire un gros mot quand on parle de talent atypique ? 

Et si 2020 marquait le début d’un renouveau ? 

2020 c’est aussi un cri haut, un cri fort sur les revendications de la position de la femme, une place de plus en plus importante sur des enseignements différents pendant l’enfance et l’adolescence, ou encore des manifestations pour que les Black Lives Matter. 

C’est l’envie de revendiquer ce que nous sommes avec nos différences et nos particularités. C’est l’envie de changer, de s’adapter, celle de se tromper et d’échouer pour apprendre davantage.

La diversité doit aujourd’hui s’appliquer au monde du travail. À commencer par le recrutement. Prenons exemple sur ces entreprises qui recrutent différemment et qui cassent les codes pré-établis. 

My Little Paris a bien parié sur une ancienne Ballerine pour devenir la directrice commerciale de la startup, alors de quoi avons-nous peur ? 

Si cette année nous a bien appris quelque chose, c’est notre capacité à nous adapter et à revoir nos manières traditionnelles de penser et de fonctionner. 

Il est encore temps d’y songer.

Il est encore temps de tout envoyer valser.

Inscrivez-vous sur elinoï
Partagez cet article sur vos réseaux sociaux